Voici un peu plus de 15 ans que le « Wijkpartenariaat – De Schakel » s’est installé rue Dupont, dans les alentours de la Gare du nord. Une initiative citoyenne qui a vu le jour grâce au concours de « Samenslevingopbouw », « De Kriekelaar » et d’un prêtre.
Le choix de s’installer dans les immédiations de la Gare du nord n’est pas du tout le fruit du hasard mais au contraire une volonté d’établir ses bases dans un des quartiers les plus déshérités de la capitale. Une triste réalité corroborée sur base d’enquêtes et de recherches scientifiques.
« De Schakel vzw » est reconnu et financé par la Vlaamse Gemeenschapscommissie (VGC) en tant « qu’organisation où les personnes avec des moyens réduits prennent la parole ». Sept associations de ce type sont présentes en Région Bruxelloise.
Cette définition de la VGC ne doit pas limiter les « personnes avec des moyens réduits » uniquement aux défavorisés d’un point de vue économique. C’est la lutte contre l’exclusion sociale sous toutes ses formes qui est dans la ligne de mire de la VGC et de « De Schakel ».
Les multiples activités proposées par « De Schakel » brassent toutes les générations du quartier. Le public y est encore plus large que le fameux « 7 à 77 ans » des albums de Tintin.
Enfants, adolescents, adultes confirmés, personnes âgées...personne n’est mis sur la touche, chacun y trouve de quoi passer d’agréables moments conviviaux.
Toujours dans cette vision d’ouverture au plus grand nombre, la mixité des activités est une des marques de fabrique de l’association.
C’est un choix qui a été difficile à prendre mais qui a été mûrement réfléchi par les responsables de l’association. Leur argument est difficilement contestable : « nous sommes présents sur le terrain pour favoriser et organiser la parole des moins nantis, pas pour diviser et exclure ».
Quelques tentatives, pas toujours très fructueuses, d’organiser des activités par genre n’ont apporté que confusion et repli identitaire.
Avec le retour à la mixité, certaines personnes ont choisi de ne plus participer aux activités, par contre un nouveau public, plus hétérogène, a poussé les portes de l’association.
L’éventail d’activités proposé par « De Schakel » est assez impressionnant. Jugez plutôt :
Activités parascolaires et éducatives en néerlandais en collaboration avec l’école du réseau néerlandophone située dans le quartier.
Création de synergies entre les étudiants néerlandophones venant hors de Bruxelles et les habitants du quartier. Des populations qui se croisent mais qui ne à priori ne se rencontrent pas. Des ponts pour rompre les préjugés des uns et des autres.
Cours de vélo. Ces cycles de 10 cours connaissent un grand succès et vont bien au-delà d’apprendre à circuler sur deux roues. Le projet doit être compris dans sa globalité. Il vise notamment à influer positivement sur le comportement des participants par le respect du projet, des horaires, des organisateurs...
Ateliers culinaires. Chaque mois un pays est mis à l’honneur et propose ses spécialités aux participants. L’atelier est toujours pris en charge par une personne du groupe. Le rituel est souvent le même : rendez-vous à 9h00 du matin pour commencer à éplucher les légumes et à commencer la préparation. A 12H00, tout le monde passe à table. De nouveau l’objectif n’est pas la confection d’un repas, aussi bon soit-il, mais de proposer un cadre agréable, sécurisant qui va favoriser l’échange de parole de ceux qu’on n’a pas l’habitude d’entendre.
Groupe de parole Parents/Enseignants. Des parents partagent leurs expériences de vie avec des enseignants.
Qu’est-ce cela implique pour des enfants d’avoir des parents avec des moyens économiques réduits ? Une sensibilisation singulière, à la première personne.
Gymnastique douce en collaboration avec un kiné.
Création d’un Groupe de Travail « Santé Mentale ».
Groupe de Travail axé sur la mobilité.
Cours d’informatique visant à lutter contre la fracture numérique.
Participation au Groupe de Travail Logement de la CASS qui devrait permettre à des familles schaerbeekoises présentant des difficultés d’accès à un logement décent, d’en acquérir un.
Soirées rencontre chez « Poverello »
Ciné-club en collaboration avec le Centre Culturel de Schaerbeek.
Le caractère néerlandophone de l’association n’empêche en rien la courtoisie linguistique entre communautés. Un certain nombre de leurs activités se déroulent dans la langue de Voltaire, d’autres en néerlandais. Une véritable aubaine pour le public qui suit des cours de néerlandais et qui profite des activités proposées par « De Schakel » pour pratiquer la langue de Vondel tout en passant des moments enrichissants.
Malgré un planning et un cahier des charges bien remplis, de gros nuages sombrent planent sur l’avenir de l’association. Ce n’est pas le volcan islandais qui est en cause, mais des critères de reconnaissance de plus en plus draconiens de la Vlaamse Gemeenschapscommissie (VGC) pour une association qui emploie deux personnes à temps plein pour encadrer l’ensemble des activités.
Pas toujours évident de travailler avec des « menaces » de couper dans les subsides.
Autre actualité de l’association, un déménagement temporaire. Les locaux qu’ils occupent actuellement appartiennent à la commune et ont besoin de grands travaux de rénovation.
Pendant la durée des travaux, De Schakel va venir s’installer dans l’école néerlandophone de la rue verte.
Souhaitons que ce déménagement vers des locaux plus adaptés soit un signe de bon augure pour le futur de « De Schakel ».
Vzw Wijkpartenariaat – De Schakel
Groenstraat, 156
1030 Schaarbeek
02/219 00 64