Ce n’est pas tout ça mais nous avons du matériel à déposer dans la salle qui va accueillir tout ce beau monde. La fameuse salle 56. Celle-là au moins je sais qu’elle existe.
Ca peut paraître surprenant mais il est tout à fait possible dans ce bâtiment de réserver une salle qui n’existe pas.
Mais revenons à ce qui nous occupe, la salle 56. Elle existe tellement bien qu’elle est déjà occupée par d’autres.
Heureusement Virginie est là pour les inviter à nous laisser la place.
Ces globe-trotters des salles de réunion nous laissent la place sans rechigner et sans avoir eu le temps de vider nos deux thermos de café. Merci à eux.
J’installe mes affaires et vais près de la porte d’entrée pour accueillir les participants perdus ou retardataires. Le quart d’heure académique passé je peux rejoindre mes petits camarades et enlever ma casquette d’organisateur pour ne garder que celle de participant. Un rapide regard circulaire me réconforte, presque tout le monde est là. Des visages amicaux et d’autres que je découvre.
Le formateur peut commencer :
« Ceci n’est pas une formation clé sur porte ».
Ca tombe bien c’est ce que suis allé raconter à toutes les réunions d’équipe pour attirer le chaland.
« On se reverra en 2009 pour faire réagir ce qui s’est passé. Parfois le terrain conteste le théorique. Rendez-vous est pris le 6 février ».
Houlà c’est là que je me rends compte que les fêtes c’est pour bientôt et que rien n’est encore organisé. Allez je me concentre sur la formation.
Maintenant ça devient sérieux avec l’historique du Centre Bruxellois à l’Action Interculturelle.
Je connaissais leur travail de formation, leurs revues et leur centre de documentation. Mais ils ont bien d’autres cordes à leur arc. Par exemple vous cherchez un conteur ou un musicien africain : le CBAI dispose d’un site Internet avec ce type de ressources interculturelles « le Monde en Scène » http://www.cbai.be/repertoire/index.html .
Là ça commence pour de vrai avec le traditionnel tour de table où chacun se présente.
Ici la règle est simple, il faut répondre aux deux questions : Qui est tu ? Que fais tu ?
La première question peut sembler anodine mais elle est plus complexe qu’il n’y parait.
Qui suis-je ? Un nom et un prénom. Ce sont ces deux éléments là qui me définissent ?
Ca voudrait dire que je n’ai pas beaucoup évolué depuis ma naissance et que je suis condamné à être Eric Semal jusqu’à mon dernier souffle.
Ce qui va influencer ma réponse c’est un lointain souvenir d’école secondaire. Un de ces cours à option qui au moment même semble inutile (j’ai oublié l’intitulé du cours mais pas le prof) mais qui avec le recul prend toute son importance : les autres aujourd’hui ailleurs et ici ne fonctionnent pas comme moi. Ils ont d’autres systèmes de valeurs tout aussi légitimes que les miens.
Et en plus les repères qui sont partagés par le plus grand nombre dans notre société : la recherche du bonheur, l’âme sœur à trouver, faire le bonheur de ses enfants... Toutes ces quêtes sont plutôt récentes dans notre société.
Pour en revenir à la question qui est-on, mon prof de secondaire donnait l’exemple de celui ou celle qui aurait répondu à la même question : sunnite ou chiite, membre de telle ou telle caste en Inde, originaire de telle ou telle autre tribu au Cameroun...
Pour que la boucle soit bouclée il ne manque plus qu’au formateur de se présenter. Il propose au groupe de le faire à sa place.
Exercice difficile. Soit on reste dans le visuel (genre, habits...), le certain (formateur au CBAI) soit on se risque dans des hypothèses ou des affirmations (attention aux stéréotypes).
Deuxième exercice. Chacun tire au sort un petit papier avec la description d’un personnage. A chaque fois c’est la même chose je tombe sur une femme. Pour ses autres caractéristiques c’est aussi tout mon contraire.
« Imaginez ce personnage quand il était enfant, ses jeux, sa chambre, ses amis. Puis il est adulte. Imaginez comment il vit, son métier, ses revenus, ses loisirs, où part elle en vacances... »
Quand tout le monde est habité par son personnage « l’exercice » peut commencer.
Puis, ceux qui le désirent peuvent exprimer comment ils ont vécu l’expérience, comment ils se sont positionnés...
Troisième exercice. Une petite mécompréhension sur les consignes démontre que rien ne va de soi quand on s’adresse à un groupe.
On recommence. Cette fois tout le monde a suivi.
Chaque groupe dispose d’une grande feuille et de marqueurs.
Pour la première fois les échanges se font en petit comité. On s’approche, se regarde, s’écoute.
Les grandes feuilles se noircissent, certaines cases ont plus de mal à se remplir que d’autres.
Tout ce travail va servir pour orienter la suite de la formation.
Les deux heures sont (vite) passées. Les participants semblent ravis et en plus c’est vendredi.
A la semaine prochaine.