La Coordination de l’Action Sociale de Schaerbeek

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Brèves
1er février
Rendez-vous vendredi 10 février 2012 de 12 h à 14h dans l’auditorium du CSA/CPAS, 226 chaussée d’Haecht Le groupe de travail Santé de la CASS fait appel à l’Observatoire de la (...)
6 octobre
La situation des Roms et des réfugiés en attente d’une solution reste intenable. Fedasil, bien qu’il soit compétent en la matière, se trouve actuellement dans l’incapacité (...)
3 octobre
S’émouvoir des conditions de vie infrahumaines dans lesquelles vivent dans notre pays des hommes, des femmes et des enfants qui sont venus du leur, chassés par la misère et les (...)

Acte 3, hommes, femmes mode d’emploi

8h35 : j’ai un bon pressentiment, tout va bien marcher aujourd’hui. L’esprit positif. J’arrive avec toutes mes affaires et les couques du petit-déjeuner et que vois-je ? Le chariot rempli de 3 thermos, tasses, sucre, petites cuillers... Merci Nelly.

9h10 : tout le monde est présent et la formation débute par : « cette journée est une étape importante de la formation ». La concentration est maximale dans le groupe.

Les premiers petits groupes de travail sont formés, le mien est ¾ masculin. On réfléchit sur les exercices de la semaine passée, le jeu où l’on parle de soi à travers l’autre. Il nous faut quelques minutes pour intégrer les consignes ou en tout cas pour que nous quatre on parle d’une seule voix.

Petit florilège de commentaires sans prise de position :

-  « Les participants se sont révélés sans tabous, ils se sentaient en confiance au sein du groupe ».
-  « Les gens ont présenté leur côté positif plutôt que de s’appesantir sur leurs défauts ».
-  « Lien très étroit entre l’identité féminine et la maternité ».
-  « Les hommes se sont souvent présentés en négatif, je ne suis pas un macho, je ne suis pas... ».
-  « Les questions semblaient légères, les réponses avaient du poids ».
-  « La peur d’être indiscret, de rentrer dans l’intimité des gens ».

Quelques « anecdotes » et commentaires pas neutres et tant mieux :

-  « Il faut apprendre à rentrer dans la peau de l’autre, c’est un exercice important dans l’interculturel. Il y a un manque de curiosité, on ne les « interroge » pas assez. Les migrants aiment que l’on parle du relationnel alors que ces sujets ne sont pas abordés par les travailleurs sociaux ». Une participante explique que si elle sort du cadre de référence imposé par son employeur, en moins de quinze jours elle recevra son C4. Dans ce cas de figure un bon juge de la distance à adopter est de se demander si la méthode actuelle donne des résultats. Si les résultats ne sont pas probants pourquoi ne pas envisager une autre méthode.

-  Au sujet des noms, « dans certaines cultures on ne donne un prénom à l’enfant que quelques semaines ou quelques mois plus tard. Le prénom est choisi en fonction du caractère du bébé ou des circonstances qui entourent sa naissance ». « Une maman peut donner comme prénom « Consolation » en référence à la perte d’un enfant ». Pas toujours facile de rester de marbre.

-  Notre société lutte depuis des dizaines d’années pour différencier femmes et mères. Pensez à toutes ces luttes féministes. Paf ! La plupart des participantes conçoivent leur identité féminine essentiellement ou d’abord en tant que mères. J’imagine Isabelle Alonso, la chroniqueuse et féministe s’étrangler devant ce commentaire. Allez, je vous propose un petit recyclage les filles : http://www.isabelle-alonso.com/Vous-etes-feministe-c-est

La CASS pourrait même envisager une formation organisée par l’Université des Femmes sur le thème des luttes féministes hier et aujourd’hui. Attendez quand même que j’en parle à Virginie. Il y a un petit quelque chose qui me dit qu’elle ne sera pas tout à fait d’accord avec ma proposition. Vous verrez de quoi je parle d’ici quelques semaines.

-  Bonne ou mauvaise nouvelle, à vous de décider, il n’y a pas d’hommes traditionnels dans notre groupe. L’homme traditionnel est celui qui ne se pose pas de questions, un homme c’est un homme et point à la ligne. Au moins ça a le mérite d’être clair. Parmi l’ensemble des participants nous sommes 4 hommes « nouvelle génération ». Des hommes qui se demandent qui on est et ce qu’on est sensé faire en tant que sexe « fort » dans cette société qui construit ses nouveaux repères plus vite que les changements de génération.

Et là les filles, vous ne faites rien pour nous aider. Soit on la joue galant et par exemple on ouvre la portière et on se prend : « tu me crois incapable d’ouvrir une porte », soit on la joue égalité des sexes, chacun sa vie, chacun sa portière et là on a droit à : « espèce de goujat et la politesse bordel ? ».

Au restaurant c’est pareil, quand il s’agit de payer l’addition le mec aura toujours faux. Il paie. Alors il aura droit à deux heures d’histoires sur les luttes féministes, le droit de vote des femmes en 1948 et le : « c’est pas parce que vous êtes mieux payés à travail égal que je sais pas me payer un resto ». Il propose que chacun paie sa part. Il devra se farcir un autre cours d’histoire et des comparaisons avec l’homme de Cro-Magnon, de Neandertal.

Au bout du compte les hommes paient toujours l’addition, à eux de choisir de la payer une fois ou deux.

-  En parlant de notre profession et des cas où les personnes n’acceptent pas notre aide ou nos conseils, combien de fois ne s’est-on pas dit : « Comment ? Je suis là pour l’aider et il/elle refuse mon aide ». Un grand classique.

Après quelques références à d’autres classiques, Marx, Bourdieu vient l’heure de table.

12h05 : Nous sommes quelques uns à se laisser tenter par le plat du jour, la soupe ou la quiche aux légumes de chez « Sésam ». L’humeur est plus morose que la semaine passée, le sujet de conversation n’est pas l’éclatante victoire de Barack Obama mais plutôt les problèmes à l’accueil du CPAS.

L’échange de propos, en faisant abstraction de qui pense quoi, a le mérite d’éclairer les personnes extérieures au CPAS sur les conditions de travail, autrement que par les articles de la DH. Les conditions de travail sont différentes entre associatif et CPAS aussi parce que les enjeux pour les usagers ne sont pas les mêmes. Les attentes sont différentes. C’est à ce moment qu’on entend l’éternel : « Moi, je ne pourrais jamais travailler dans un CPAS ». Fontaine je ne boirai pas ... Vaste débat.

13h05 : Tout le monde est là à l’heure, même nos amis férus d’Internet et d’Outlook pendant l’heure de table. L’intitulé du prochain thème en est peut-être l’explication : « Apprendre à repérer les zones sensibles de l’autre » et « Les zones sensibles de notre... identité ».

Si Simone de Beauvoir écrivait « Le Deuxième Sexe » en 1949, petit clin d’œil à nos néo-féministes, l’interculturel propose aujourd’hui une troisième culture. Un modèle de société tout aussi éloigné du modèle français qui prône l’assimilation que du modèle anglais qui prêche le développement de communautés, en une « communauté de communautés ».

J’apprend ce qui est pour moi un nouveau concept : le bounty. Le « bounty », terme péjoratif, pour une personne dite « noire » est l’équivalent pour écolo de la pastèque (moins péjoratif) : vert à l’extérieur, rouge à l’intérieur. Et dire que le mot anglais « bounty » vient du français « bonté ».

Petit jeu assis/lever/debout sur l’identité sociale et culturelle de chacun. Le résultat donne un quasi triangle équilatéral : famille, profession et engagement politique/citoyen. Ce qu’il faut retenir de cette partie de la formation c’est d’insister sur les aspects positifs des personnes. Un exemple : si votre enfant revient de l’école avec son bulletin attardez-vous sur tout ce qui a bien été en classe avant d’évoquer les petites faiblesses. Un autre exemple pris tout à fait au hasard : quand vous, employeur, devez évaluer les compétences de vos employés, prenez le temps de bien insister sur tous les côtés positifs (je suis sûr qu’avec un petit effort vous en trouverez plein) de votre personnel.

Si vous insistez uniquement et trop lourdement sur les côtés négatifs, l’enfant, l’employé réagit de la même façon : par le repli ou par l’agressivité. A méditer et surtout à appliquer !

15h30 : Dernier petit jeu sur le thème de la Culture. Les équipes changent, les règles du jeu aussi. Ici des équipes où chacun a un rôle bien définit : un rapporteur, un médiateur, un secrétaire et un espion.

Lors de la mise en commun on apprend que tout est Culture même la Choucroute.

Plus sérieusement voici une des définitions de la culture proposée par l’un des groupes : « ensemble de comportements, de pratiques, de valeurs, de pensées, propres à un ensemble d’individus. Cet ensemble est perméable et donc évolue dans le temps ».

Vous vous rendez compte de quoi en est capable alors que c’est la fin d’une journée de formation, que c’est vendredi et que certains ont un beau long week-end en perspective.

Si vous n’êtes pas d’accord avec moi c’est que vous n’avez rien compris, il faut être POSITIF

A la semaine prochaine.