Au programme de la journée, application de la théorie à des cas concrets.
Le premier exemple vécu par une participante cette semaine fuse : « Une maman vient m’expliquer toute contente que son fils, par ailleurs très bon élève, quitte le général pour le professionnel. Sa motivation première ? Suivre ses copains dans cette filière. La maman semble accorder plus d’importance au mariage de l’aîné qu’aux études de son fils ».
Comment réagir ou ne pas réagir dans des situations comme celle-ci en sachant notamment que nous sommes éduqués à ne pas utiliser le privé dans notre vie professionnelle et en connaissant la situation du marché de l’emploi.
Cet exemple pose la question des « menaces identitaires professionnelles ».
Petit moment de détente constructive. Nous avons 8 minutes pour remplir une fiche alphabétique. Un mot de l’interculturel qui commence par A, B, C,...
Je n’ai pas été très utile à ma coéquipière, pas un grand amateur de Scrabble, le tic-tac qui me stresse et toute cette effervescence autour de moi font que mon cerveau tourne au ralenti.
Ce n’est pas le cas de tout le monde. Y régnait une ambiance très scolaire, genre le moment de l’examen ou le prof doit s’absenter quelques secondes.
Tout ceci pour justifier que nous n’avons rien trouvé pour les lettres K, W et Y.
En même temps 23/26 c’est pas mal et nous avons déniché quelques perles :
E : Ego
I : Introspection
O : Ouverture
R : Repas (celui-là je ne pouvais pas le rater)
X : XX XY (les chromosomes)
Z : Zinneke
Pour info les autres groupes ont trouvé :
K : Kimono, Kafka
W : Wallon, win-win
Y : Yoga
Toute cette partie se passe sur un fond sonore, de la musique émise par une radio. Certains n’y ont pas prêté attention, d’autres étaient gênés par ces bruits parasites.
« A partir du moment où cela gêne une personne du groupe il faut en tenir compte » affirme Hamel.
Il se propose de mettre en pratique l’Interculturel et de gentiment demander au propriétaire de la radio de diminuer le volume.
Retour le sourire aux lèvres : « il n’y avait personne dans le bureau ». Pas de rencontre, pas d’Interculturel.
Par contre nos amis fumeurs et ceux qui avaient besoin de s’aérer ont bien pratiqué l’Interculturel pendant la pause.
Un accident de la circulation, sans gravité, où on leur demande d’être témoins de la situation. Quelques noms d’oiseaux plus tard ils rentrent au nid pour poursuivre la formation.
Nous avions un petit devoir à faire. Rédiger un incident critique (aussi appelé choc culturel) basé sur une expérience vécue. Un court récit à la première personne du singulier.
J’ai pris le temps d’écrire mon choc culturel. J’avoue qu’une des participantes, la veille de la formation, m’a rappelé à mon devoir. Il faut bien que je montre l’exemple en tant que participant organisateur.
Homme = Danger ?
« Je suis appelé par un professeur d’une école professionnelle à Anderlecht pour faire une animation sur le thème de l’emploi.
Ses élèves seront bientôt, à la rentrée prochaine, « disponible »s sur le marché du travail.
J’explique de manière interactive ce qui les attends au sortir des études, les démarches à réaliser, différence entre salaire brut et salaire net, ...
La dernière partie de l’animation est basée sur des jeux de rôle, des simulations d’entretiens d’embauche et ce sur base volontaire. Je joue le rôle du patron.
Après deux « démonstrations » très riches en enseignements, une des élèves, voilée, se propose de participer. Le temps presse, elle sera la dernière à participer au jeu de rôle.
Je lui explique en quelques mots que c’est comme pour de vrai et je lui demande de sortir de la classe, le temps de m’installer, et de toquer à la porte pour que j’aille lui ouvrir.
Je lui ouvre la porte en disant « Bonjour » et je lui tends la main.
Elle refuse de me serrer la main en arguant que sa religion lui interdit de me toucher (je suis un homme) ni même de me regarder dans les yeux.
Je suis déstabilisé. J’avais veillé à rester très attentif, neutre.
La prof est blême. Elle a déjà du encaisser beaucoup « d’âneries » pendant l’animation de son point de vue en plus devant une personne extérieure.
Là elle demande à l’élève si elle espère un jour trouver du travail avec ce type de comportement.
Pas de réponse de la jeune fille ».
Le but de l’exercice n’est pas de fustiger le comportement des différents acteurs de la situation mais plutôt de comprendre le cadre de référence de chacun et de se demander comment faire autrement. Dépasser la mécompréhension et renouer les fils du dialogue.
Les participants ont chacun donné un titre à leur choc culturel et expliqué en quelques mots de quoi il en retourne :
1. Le rituel autour de la cuisine
2. La femme cachée
3. Vouloir ou ne pas vouloir travailler
4. L’alcool
5. Le bébé
6. L’offre/cadeau raté
7. Conflit de perspective/expériences
8. Le décès d’un participant
9. L’accueil d’un groupe palestinien
10. La conception du travail
11. Le taximen en Côte d’Ivoire
12. Culture, législation, choc, le divorce inacceptable
C’est déjà l’heure du midi. Comme chaque vendredi c’est la course pour commander, manger et être de retour à l’heure prévue.
« Sésam » a mis les petits plats dans les grands ce vendredi, tables décorées, menu spécial 3 services,... un repas de fête avant l’heure. Alléchant mais difficile à concilier avec nos horaires.
On frôle le choc culturel sur la notion de temps et de formation à l’emploi.
L’autre thème de conversation est : « Que vont devenir nos vendredis, sachant qu’il ne nous reste plus qu’un jour de formation en 2008 ».
Faites-moi des propositions.
Retour à la case départ. Faites vos jeux, rien ne va plus... choisissez vos trois thèmes.
L’arrivée dans l’ordre est le 2, le 1 et le 6.
Une des participantes, encore merci l’ISP, se propose de s’occuper de photocopier ces « cas vécus » dans le bâtiment qui nous accueille.
Elle a aussi vécu sa part d’Interculturel dans sa quête : « Pour faire des photocopies il faut un code, pas de code pas de photocopie ». K comme Kafkaïen.
Heureusement, elle a trouvé quelqu’un de plus compréhensif à un autre étage.
Deux groupes, l’un avec celui /celle qui a subit le choc culturel l’autre sans, vont traiter de la « femme cachée ». Les deux autres groupes, toujours avec le même principe, vont analyser la question du « rituel dans la cuisine ».
La formule permet de comparer les deux analyses. Quelles seront les différences entre le groupe qui émet des hypothèses et le groupe qui travaille sur du « vécu ».
La mise en commun de « la femme cachée » porte essentiellement sur l’habillement, la définition d’une bonne mère, la conception d’une bonne éducation des enfants et la question de l’âge de la scolarisation des enfants.
Il est 16h00, la boucle est bouclée avec les questions d’école.