Du 20 février au 31 mars, des affiches représentant des sonnettes anonymes et proclamant « Personne n’y vit, personne n’y gagne » ont fleuri un peu partout dans Schaerbeek. Elles étaient le support visuel de la campagne contre les logements vides orchestrée par la Coordination de l’Action Sociale de Schaerbeek (CASS). Dans le cadre de cette campagne, une permanence téléphonique était organisée, à la fois comme un point d’information et comme une façon de prendre le pouls des questions et attentes de la population.
La campagne étant désormais terminée, le moment est venu de vous en communiquer les premières retombées positives.
Pour rappel, nous avions trois objectifs :
faire connaître le travail des Agences Immobilières Sociales (AIS) et l’existence des dispositifs d’aide à la rénovation ;
mettre sur pied un observatoire des problèmes de logement en général au moyen d’une permanence téléphonique d’une durée de six semaines ;
initier un travail collectif - CPAS, commune et associations - de longue haleine visant à réduire le nombre d’immeubles vides à Schaerbeek.
Concernant le premier objectif, l’information est bien passée, 80% des appels reçus concernaient les AIS et les primes.
Beaucoup d’appels émanaient de locataires désespérés par les prix des loyers.
Néanmoins, la permanence téléphonique nous a permis d’amorcer une dizaine de contacts avec des propriétaires intéressés par les AIS. Certains propriétaires ont aussi directement contacté une AIS ou la commune.
Au niveau du deuxième objectif, les appels révèlent que les situations sont toutes complexes et qu’elles nécessitent un éclairage pluridisciplinaire.
C’est pourquoi nous avons décidé de poursuivre notre action par un courrier aux propriétaires de logements vides se trouvant sur le territoire de Schaerbeek les invitant à prendre contact avec nous. Nous leur proposerons de bénéficier des conseils d’une équipe pluridisciplinaire, issue d’une collaboration étroite entre différents services et associations, qui sera à même de les aider à surmonter leurs difficultés juridiques, urbanistiques ainsi que leurs problèmes de location.
En ce qui concerne le troisième objectif de notre campagne, le groupe de travail créé à l’occasion de cette campagne qui, rappelons-le, rassemble tant des associations que des services du CPAS ou de la Commune, continuera de se réunir régulièrement pour poursuivre et approfondir une action concertée par rapport aux problèmes de logement. L’organisation d’une équipe pluridisciplinaire pour accueillir des propriétaires en recherche de conseils constitue une nouvelle initiative dans ce cadre. De même, la question de la multi-culturalité se pose : comment sensibiliser les propriétaires de culture différente, par-delà l’éventuel barrage de la langue et en tenant compte d’autres visions éventuelles des relations locatives. La permanence téléphonique confirme aussi l’expérience des participants à la campagne, à savoir qu’une demande importante et insatisfaite de logements abordables et en bon état résulte d’une migration locative importante : beaucoup de locataires préfèrent quitter leur logement plutôt que de régler des conflits avec leur propriétaire (par exemple en cas d’insalubrité, d’augmentation excessive du loyer ou de préavis abusif...). Il y a là encore un travail à développer autour des relations entre propriétaires et locataires.
Au total, cette campagne est pour l’ensemble de ses acteurs une belle illustration de la dynamique de partenariat, de décloisonnement et d’innovation sociale au cœur du projet de la CASS. Ce n’est pas tant son impact quantitatif qui en fait sa réussite aujourd’hui que les pistes qu’elles ouvre quant aux types de réponses à explorer.