La Coordination de l’Action Sociale de Schaerbeek

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L’ASIS bosse depuis 10 ans : ça fait un bail !

Du 23 juin 2006 au 23 juin 2006

Le 23 juin dernier, l’asbl « Agence Schaerbeekoise Immobilière Sociale » (ASIS) a fêté son dixième anniversaire : l’occasion de faire le point, d’analyser le parcours accompli et d’envisager des projets pour l’avenir.

Depuis une dizaine d’années, l’ASIS lutte à sa manière contre la crise du logement qui sévit de plus en plus gravement à Bruxelles et à Schaerbeek en particulier. Créée en 95 à l’initiative de la Commune et d’associations spécialisées dans l’insertion par le logement, l’ASIS débuta ses activités en 1998, après l’adoption par les autorités régionales du cadre réglementaire nécessaire à la mise en place des AIS. Elle fut reconnue et agréée comme agence immobilière sociale le 2 avril 1999. Son parc d’habitations en gestion croît en moyenne de 20% par an et compte actuellement 110 logements.

Ce chiffre peut sembler dérisoire et anecdotique face à l’ampleur de la crise. Il ne faudrait pourtant pas sous-estimer le travail des agences immobilières sociales (AIS) qui, en région bruxelloise, gèrent un bon millier de logements et le font à leur façon : avec humanité et efficacité, en jouant un rôle de médiateur entre les propriétaires et les locataires. Elles ont pour but de gérer des logements privés pour ensuite les louer à des conditions proches du logement social. Grâce aux subsides qui leur sont octroyés par la Région et par certaines administrations communales (dont celle de Schaerbeek), les AIS peuvent ajouter aux loyers payés par les locataires un montant déterminé par la Région, et garantir ainsi des revenus corrects aux propriétaires.

Elles se chargent en outre de trouver des locataires, s’occupent du bail, des éventuels travaux de rénovation (financés par des deniers publics), de l’entretien et des petits travaux. Pour les propriétaires qui hésitent à louer leur bien, les agences immobilières sociales peuvent représenter une solution possible : au lieu de laisser leur logement vide et donc improductif, ils ont l’occasion de percevoir des loyers, certes inférieurs aux prix du marché, mais garantis par l’AIS. Quant aux locataires, l’avantage financier que représentent pour eux les loyers pratiqués dans les AIS est évident. Pour un appartement avec une chambre, par exemple, le loyer moyen demandé par ASIS est d’environ 293€.

Même si leur action ne suffira pas à endiguer la crise, les AIS contribuent donc à faire baisser le nombre de logements vides, trop nombreux à Schaerbeek, comme dans les autres communes de la région bruxelloise. En effet, sur les 21.945 immeubles que compte la cité des ânes, 718 sont vides et les compteurs d’eau de 1401 d’entre eux affichent une consommation inférieure à 5m³, signe d’inoccupation. Quant au nombre de demandes de logements en attente, il était, au 07.06.06, de 760 rien que chez ASIS (pour des infos chiffrées sur la crise du logement : voir La crise du logement en chiffres et en dates).

En ce qui concerne le profil des locataires d’ASIS, la majorité d’entre eux sont des personnes seules (57%). Viennent ensuite les familles monoparentales avec un enfant ou plus (16%). Il y a cependant une augmentation importante du nombre de couples avec un enfant. Par ailleurs, la majorité des locataires d’ASIS ont des revenus de remplacement (65%). Les 35% restants ont un statut d’indépendant ou sont des salariés qui ont un contrat de travail précaire (intérim, article 60, mi-temps...). Certains d’entre eux sont dans une situation de surendettement. A noter que la proportion de locataires ayant un emploi a tendance à augmenter, ce qui tend à prouver que la crise du logement en région bruxelloise touche de plus en plus de travailleurs.

Pour s’inscrire chez ASIS, les candidats locataires doivent répondre à certaines conditions. Leurs revenus ne peuvent être supérieurs de 50% aux revenus d’admission du logement social. Par ailleurs, aucun membre du ménage ne peut être propriétaire, emphytéote ou usufruitier d’un bien affecté au logement ou à un usage professionnel. De plus, le type de logement demandé doit correspondre à la composition familiale du ménage. Pour départager les candidats, il existe des critères de priorité correspondant à des points. Par exemple : les personnes qui doivent quitter de manière urgente leur logement (devenu inhabitable, insalubre ou ayant fait l’objet d’un arrêté d’expropriation) bénéficient de 4 points au même titre que les candidats se trouvant dans une situation d’extrême urgence sociale.

Quant aux propriétaires des logements gérés par ASIS, ils sont pour la plupart des personnes d’un certain âge, ayant vécu des expériences difficiles avec des locataires antérieurs et souhaitant trouver une solution durable et flexible pour la gestion de leur bien. Certains d’entre eux ont choisi ASIS parce qu’ils sont séduits par sa démarche sociale.

www.asis.be

Portfolio
Un bon exemple de partenariat public/privé pour la remise sur le marché locatif de biens immobiliers

Voici une ancienne maison de repos transformée en logements de grande capacité (2 chambres et 3 chambres) avec recours aux primes à la rénovation.