Mais contrairement à la vie, la fin d’un Groupe de Travail n’est pas un épisode douloureux. C’est plutôt l’occasion pour par chacun des participants de jeter un coup d’œil dans le rétro et de mesurer le chemin parcouru.
Dans le cas du GT Enfance le chemin a été sillonné par une dizaine de participants pendant près de trois ans.
Leur envie était de se rejoindre et de partager leurs expériences sur un sujet qui les réunissait : quelle est la place de l’enfant dans le travail social ?
Des rencontres régulières et supervisées par des spécialistes de l’enfance vont créer des liens et la confiance nécessaire entre des travailleurs venant d’horizons différents.
Dès le début l’intention du groupe était claire : « nous ne sommes pas là pour créer un manuel de bonnes méthodes de travail à l’usage des travailleurs sociaux en contact avec des parents ».
Le groupe profite de son caractère interdisciplinaire pour réfléchir ensemble à des processus qui leur ont posé problème.
Exemple : Une travailleuse trouve problématique qu’une mère dorme avec son enfant de 2 ans. Mais dans la famille d’origine de cette maman et dans son pays d’origine, c’est une pratique courante.
Quelle limite à l’intervention du professionnel ? Faut-il se baser sur des limites liées à la santé ?
Et quelles seront les conséquences de cette remarque ? Que faire si cette remarque entraîne une rupture avec la famille ? Faut-il dès lors censurer l’avis des professionnels, se censurer par crainte de .... ?
Non, mais éviter le jugement.
Leur contribution à l’extérieur du groupe s’est concrétisée sous forme d’une rencontre avec les membres du Conseil de l’Action Sociale du CPAS ou « conseillers du CPAS ». Ceux qui au bout du compte vont devoir statuer sur les dossiers.
Une des représentantes du GT Enfance avait accepté de présenter une synthèse de tout le travail accompli pendant ces trois années. Et ce malgré toutes les inconnues qui restaient sans réponses : est-ce que les conseillers sont intéressés par ce genre d’initiative, est-ce qu’ils seront présents, quelles sont leurs attentes,...
Ses craintes se sont vite dissipées.
Un quasi sold out. Douze conseillers présents sur treize. Une écoute d’abord polie, puis intéressée.
La présentation est fidèle à la réalité sans omettre ni les côtés positifs liés à ce type de projet ni les difficultés rencontrées.
Une phrase résume bien les dangers qui guettent le travailleur social : « Le temps c’est notre ennemi. Ne pas avoir le temps, c’est un symptôme ».
Un débat s’engage sur l’école et l’enfant. Faut-il abaisser l’âge de l’obligation scolaire à 5 ans ?
On constate à Schaerbeek des réalités parfois antagonistes : certains enfants nés en Belgique arrivent en 1re primaire sans une connaissance minimale du français, d’autres enfants suivent la filière néerlandophone sans pouvoir être suivis par leurs parents et au risque de finalement ne maîtriser aucune des langues nationales.
Les prises de position sont tranchées mais l’écoute des arguments de l’autre est de mise.
A la fin de la rencontre la balance penche du côté positif. Le sentiment général est d’avoir été écouté, que le message principal est bien passé : il faut continuer à créer des réseaux interdisciplinaires à Schaerbeek.